Voeux de Nicolas Sarkozy, Président de la République, aux Armées et aux Anciens Combattants



Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Ministre de la Défense, Monsieur le Ministre,
Chère Simone Veil, Mesdames et Messieurs,

J'ai souhaité vous réunir pour ces vœux, vous qui représentez les armées d'aujourd'hui et vous les combattants d'hier, parce qu'à travers les générations, c'est la permanence et la constance de l'esprit de défense français que vous incarnez.

Vous avez en commun d'avoir fait ce choix, un choix qui est parfois incompréhensible pour ceux que vous défendez, c'est le choix d'accepter, à l'avance, le sacrifice éventuel de votre propre vie, pour défendre votre patrie partout où sa survie, ses intérêts, ses idéaux, sont menacés. A travers les époques et les conflits, en temps de guerre comme en temps de paix, vous, les anciens combattants et résistants et  vous,  les  militaires  en  activité,  vous  incarnez  ainsi  les  valeurs  d'engagement,  d'honneur  et  de discipline. En tant que chef des armées, j'ai le devoir de vous rendre un hommage tout particulier, au nom de l'ensemble de nos compatriotes, qui savent que vous êtes en permanence prêts à donner votre vie pour eux.

Une armée, c'est un tout. C'est la cohérence d'un ensemble d'hommes et de femmes déterminés, d'un commandement efficace et loyal, d'une stratégie claire et si possible constante. J'ai voulu la présence en nombre parmi vous d'officiers, de sous-officiers et de militaires du rang. Votre engagement à tous est également exemplaire.

Cet engagement au sacrifice ultime, il est réel, il est concret. Ceux parmi vous qui ont vécu les grands conflits du XXème siècle le savent, ils ont vu tomber autour d'eux nombre de leurs camarades. Mais même  quand  les  Français  vivent  dans  un  quotidien  de  paix,  vous  êtes  confrontés  à  cette  réalité : chaque année, des soldats français tombent au combat. Et je tiens à m'incliner avec respect devant le sacrifice  de  ceux  qui  ont  donné  leur  vie,  l'année  dernière  encore,  dans  l'accomplissement  de  leur devoir  au  service  de  la  France  et  des  Français.  31  militaires  sont  morts  au  combat  ou  en  service commandé.  J'ai  présidé  pour  certains  d'entre  eux  le  dernier  hommage  rendu  par  la  Nation,  j'ai rencontré  leurs  familles. A  chaque  fois, j'ai  éprouvé  la  même  douleur,  ressenti  la  même  émotion, devant  la  disparition  précoce  et  brutale  de  ces  jeunes  gens.  Mais  j'ai  aussi  pris  la  mesure  de  la solidarité de votre communauté qui sait de façon exemplaire entourer ceux qui sont dans la peine.

Aujourd'hui nous avons 11 000 hommes déployés en opérations extérieures. Je reviens d'Afghanistan, avec Hervé Morin, où les armées françaises sont à l'œuvre aux côtés de nos alliés de l'OTAN, et où j'ai pu constater à quel point leur efficacité était sans faille, leur professionnalisme reconnu par tous. La Nation ne s'y trompe pas : les Français vous font confiance, ils ont confiance. J'ai confiance en vous moi aussi.

Cette confiance que le chef des armées et le pays vous portent, vous pouvez en être fiers, en être fiers collectivement  et  en  être  fiers  individuellement.  Car  on  ne  fait  pas  illusion  très  longtemps.  La confiance, cela se construit jour après jour, opération après opération, cela se démontre, auprès de nos concitoyens et aux yeux de la communauté internationale. Et vous le faites. Et parlant sous le contrôle du Premier Ministre je peux vous dire que chaque fois que je rencontre un Chef de Gouvernement ou un Chef d'Etat, il me vante l'extrême professionnalisme de nos armées.

Mais  cette  confiance  qui  se  construit  chaque  jour,  elle  le  fait  dans  un  contexte  qui  se  renouvelle désormais en permanence. Le cadre stratégique a changé : nous sommes sortis de la période de l'après guerre froide des années 1990, et nous sommes entrés dans l'ère de la mondialisation. Moi je ne sais pas si le monde est plus dangereux ou moins dangereux qu'avant. Chaque génération peut avoir son jugement. Ce qui est sûr c'est qu'il est différent, qu'il est moins stable parce qu'il se transforme plus vite.  Pour  les  uns  il  est  plus  dangereux,  pour  les  autres  pas.  Peu  importe.  Il  est  différent  et  il  se transforme plus vite.

Nous avons donc à agir dans un cadre plus changeant, il est de ma responsabilité de Président de la République et de Chef des Armées de veiller à l'adaptation de notre outil de défense. Nous devons donc construire la sécurité et la défense de demain en fonction des besoins, et pas en fonction des habitudes ou des certitudes préalables. Et Dieu sait que notre pays en est rempli.

C'est pourquoi, avec le Premier Ministre, nous avons souhaité ouvrir une très large réflexion sur notre stratégie  de  défense  et  de  sécurité,  dans  le  cadre  d'un  Livre  blanc  sur  la  défense  et  la  sécurité nationale, en souhaitant que le pays tout entier se saisisse de ce débat. J'ai confié la confection de ce Livre blanc à une commission très ouverte. Elle a conduit de larges auditions publiques dans un souci de  pluralisme  et  de  transparence.  Le  Parlement  est  associé  aux  travaux,  et  bien  entendu  dans  les futures traductions législatives qui lui seront données, notamment en matière militaire et de sécurité le Parlement aura bien sûr toute sa part de responsabilité.

Un premier point d'étape des travaux du Livre blanc a eu lieu le 3 janvier. Il a permis d'acter un certain nombre d'orientations. Pour ne retenir que les principales, je souhaite citer la définition d'une doctrine globale de sécurité nationale, qui se traduit logiquement par la mise en place d'un nouveau Conseil de défense et de sécurité nationale. Par ailleurs, l'organisation de la sécurité nationale en cinq grandes  fonctions  stratégiques  est  également  un  axe  nouveau,  notamment  parce  qu'elle  inclut  une nouvelle fonction de connaissance et d'anticipation. Si on ne connaît pas on ne peut pas anticiper, et si on ne connaît pas, on est dans la main des autres. Cette fonction est fondamentale dans le contexte international mouvant que j'ai décrit précédemment.

La politique de défense et de sécurité que j'entends mettre en place passe par deux objectifs qui sont indissociables  :  renforcer  l'Europe  de  la  défense. Madame  Veil, vous  qui  avez tellement  fait  pour l'Europe.  La  renforcer,  j'allais  dire  la  créer,  dans  l'ensemble  de  ses  composantes,  et  agir  pour  la rénovation du lien transatlantique, qui en est à la fois la condition et la conséquence. Il n'y a pas d'opposition  entre  l'Europe  de  la  défense  et  la  solidarité  Atlantique.  C'est  une  erreur  qui  serait tragique  d'opposer  l'un  à  l'autre.  Nous  voulons  les  deux.  Une  Europe  de  la  défense  autonome  et crédible et un lien transatlantique solide. Nous savons où est notre famille et nous connaissons nos alliés. C'est les deux et c'est inutile d'aller opposer l'un à l'autre. Si vraiment on a que ça comme problème à gérer, c'est que la France ne doit pas avoir de problème ! La défense sera une priorité de la présidence française de l'Union Européenne. L'Europe est un îlot de prospérité  qui  suscite  l'envie,  l'Europe  est  une  communauté  de  valeurs  que  tous  ne  partagent  pas forcément dans le monde, chacun doit donc apporter sa pierre pour la défendre l'Europe. Or, je le dis clairement : l'Europe ne fait pas aujourd'hui tous les efforts que requièrent sa défense et la protection des Européens. Dire cela, c'est une vérité d'évidence, et bien il faut le dire et c'est pourtant le premier devoir  de  l'Europe  que  de  protéger  et  la  France  ne  peut  pas  se  satisfaire  de  cette  situation.  C'est pourquoi la consolidation des capacités européennes de défense sera notre priorité à nous la France, en tant que présidence de l'Union européenne. J'ai par ailleurs la conviction que l'Europe, et avec elle la France, peut apporter une contribution décisive à la sécurité mondiale, en agissant pour éviter le piège du  choc  des  civilisations  dans  lequel  certaines  forces  obscures  et  barbares  souhaiteraient  nous entraîner. Je crois qu'il y a là pour la France et l'Europe une mission spécifique consistant à dialoguer avec tout le monde, à encourager toutes les bonnes volontés, à jeter des ponts entres toutes les cultures et toutes les identités, pour que le respect et la compréhension mutuels l'emportent toujours sur les blessures  de  l'humiliation  et  leur  corollaire,  la  radicalisation  et  la  montée  des  extrêmes.  Je  veux d'ailleurs de ce point de vue, Monsieur le ministre de la Défense et Monsieur le Premier ministre, rendre hommage aux Armées comme arme diplomatique, que cela permet pour la France.

Pour être crédible vis-à-vis de l'ensemble de ses alliés, comme vis-à-vis de ceux qui pourraient la menacer, la France doit adapter son armée en permanence. Les armées doivent disposer de moyens modernisés, adaptés à leurs missions, les équipements doivent être entretenus au meilleur niveau et les militaires  et  leurs  familles  doivent  voir  reconnue  la  nature  spécifique  de  leur  engagement.  Une nouvelle  loi  de  programmation  militaire  sera  élaborée  au  printemps  2008.  Cette  nouvelle  loi  de programmation ITER, je souhaite qu'elle soit crédible car compatible avec notre stratégie de défense, mais aussi crédible parce qu'elle sera véritablement et complètement financée. Nous devrons faire des choix, j'ai même été élu pour cela, je les ferai.

L'objectif, c'est le maintien d'un effort de défense de la nation de l'ordre de 2% du PIB et chacun sait que l'indépendance du pays c'est la sécurité de ce pays, c'est également sa souveraineté financière. C'est pourquoi la LPM s'inscrira dans le cadrage d'ensemble des finances de l'Etat, et c'est aussi la raison  pour  laquelle  ces  objectifs  seront  atteints  au  terme  d'un  processus  de  réforme  et  de rationalisation exemplaire.

En parallèle aux travaux du Livre blanc, c'est déjà tout   le ministère de la défense qui est mobilisé pour  sa  modernisation, sous  l'impulsion d'Hervé  Morin   en s'appuyant  notamment  sur  la  révision générale  des  politiques  publiques  qui  va  conduire  à  réformer  l'ensemble  des  administrations françaises.

Déjà, une réforme de l'administration centrale du ministère de la défense est en cours de finalisation avec pour objectif une meilleure efficacité de la prise de décision. Elle se traduira  par le regroupement des administrations centrales sur le site de Balard, chantier ambitieux et symbolique, pour une armée unie, moderne et réactive.

C'est dans ce cadre de réformes ambitieuses qu'il sera possible d'agir pour la condition des militaires.

Je connais vos attentes qui rejoignent celles de la plupart des Français. Je sais que le pouvoir d'achat est pour vous aussi un problème. Je comprends que vous soyez impatients de voir mises en œuvre les recommandations du Haut Comité d'Evaluation de la Condition Militaire en vue d'un rattrapage des écarts  constatés  entre  les  différents  corps  en  uniforme.  Ce  travail  a  été  engagé  par  Hervé  Morin, comme vous le savez. Je sais qu'il y a eu un décrochage des armées, principalement, et c'est peu connu, pour les officiers. Le rattrapage global qui est envisagé représente pour notre pays un effort de trois cent millions d'euros. 300 M⁄, ce n'est pas rien, compte tenu de la situation de nos finances publiques ! Cet effort s'accompagnera, pour le ministère de la défense comme pour tous les autres, d'une réduction des effectifs. C'est ce qui permet de dégager les marges budgétaires nécessaires. Je  le répète, je souhaite que vous soyez mieux payés, plus efficaces et plus performants car vos missions sont exigeantes.

Un chantier d'une telle ampleur demande un peu de temps. Nous commençons dès cette année par les militaires du rang et les sous-officiers en début de carrière. Nous continuerons ensuite au profit des autres catégories.

Vous  savez,  j'ai  été  élu  pour  apporter  des  solutions  aux  problèmes  de  la  France,  pas  pour  les contourner, et s'il y en a ici quelques-uns qui savent que c'est difficile, on est là. Mais on n'est pas là pour se plaindre, et le diagnostic, je le poserai dans toute sa franchise. En tous cas, les problèmes, on ne les mettra pas de côté on les regardera bien en face, on trouvera les solutions et les Français seront juges. Il n'est pas question de tenir les Armées en dehors de ceci. Je fais confiance à Hervé Morin pour conduire les changements majeurs qu'avec le Premier ministre nous appelons de nos vœux. Pour cela, il ne faudra pas craindre d'innover, sans oublier les leçons du passé. C'est pour cette raison que vous les anciens combattants êtes parmi nous, vous qui nous avez montré le chemin de l'exemple.

La considération dont notre armée bénéficie aujourd'hui, la crédibilité de la France dans les relations internationales, nous les devons largement aux anciens combattants. Vous avez fait la France, libre et grande, à la parole écoutée et respectée. Cette considération, il est légitime qu'elle se traduise par l'instauration et le renforcement de droits spécifiques.

En avril 2007, j'avais pris l'engagement d'augmenter la retraite du combattant et l'on me dit « il fait un discours comme dans sa campagne ». Ah, comme c'est curieux, oui, j'ai décidé d'innover, je pense ce que j'ai dit avant, c'est très curieux et chacun peut reprendre les discours d'avant l'élection et ceux d'après, c'est les mêmes. Je vois que cela impressionne quelques-uns mais il faut qu'ils s'y fassent, j'ai l'intention de respecter mes engagements. Quel drôle d'idée me direz-vous ? Oui, effectivement, c'est la rupture. En tous cas pour moi je fais un lien très précis entre ce que nous avons dit pendant la campagne et ce que nous faisons après et si tel ou tel observateur trouve un lien entre ce que j'ai dit avant la campagne ou pendant la campagne et ce que nous faisons avec François Fillon après, ils ont raison, il y a un lien. Nous avons proposé aux Français un projet et on le met en œuvre. Permettez- moi de vous dire que ce qui est curieux, c'est qu'il y a eu tant de différences souvent dans le passé entre ce que l'on disait avant et ce qu'on faisait après, et quand on ne peut pas le faire, on l'explique mais  on  ne  ment  pas,  on  ne  trahit  pas,  on  ne  transige  pas.  Je  l'avais  dit  et  bien  je  tiens  mes engagements, dès cette année, à l'initiative d'Alain Marleix, que je remercie, cette retraite sera donc augmentée et l'effort se poursuivra durant tout le quinquennat.

Mais la considération ne se réduit pas à cette seule question de point d'indice, surtout vis-à-vis de citoyens qui ont risqué leur vie, qui ont souffert, dans leur chair et dans leur âme. La considération, c'est  d'abord  perpétuer  les  valeurs  qu'ils  ont  portées,  à  l'instar  de  la  Résistance,  extérieure  et intérieure, qui durant quatre ans fut, de fait, dépositaire de l'honneur et de la grandeur de la France. C'est à travers le devoir de mémoire que nous prolongeons et donnons du sens aux combats menés par nos anciens. Nous sommes, vous le savez, à un tournant. Les multiples associations qui composent le monde combattant vont devoir se rapprocher en raison de la diminution du nombre de leurs adhérents.

Je  voudrais  dire  que  je  les  y  incite.  L'Etat  montre  même  la  voie.  Pour  que  sa  politique  soit  plus efficace, et plus lisible vis-à-vis des anciens combattants, il constituera un guichet unique là où jusqu'à présent les anciens combattants avaient deux administrations différentes pour interlocuteurs.

Les cérémonies également doivent évoluer, pas pour le bénéfice ou le plaisir de changer, mais pour toucher un public plus jeune, qui n'a pas connu ce que nous commémorons. On ne peut pas avoir les mêmes cérémonies commémoratives alors que, par la force des choses, il y aura de moins en moins de témoins directs et ne pas comprendre ça, me semble-t-il, c'est offenser le devoir de mémoire. Les cérémonies, à partir du moment où les acteurs eux-mêmes ne seront plus présents par la force des choses,  ces  cérémonies  doivent  évoluer  pour  être  adaptées  à  un  public  plus  jeune.  Le  dernier  11 novembre  m'a  donné  l'occasion  de  rénover  cette  célébration  traditionnelle.  Déjà  que  le  mois  de novembre n'est pas très gai - non il faut pas le dire mais enfin quand même - si en plus on se réunit sans  donner  un  peu  de  lustre,  un  peu  d'ampleur,  une  volonté  de  convaincre  et  d'attirer,  alors  on offense la mémoire de ceux qu'on doit honorer. On ne les honore pas par habitude, on les honore parce qu'ils ont porté des valeurs.

2008 sera une année extrêmement riche sur le plan de la mémoire. Nous célébrerons en particulier les 90 ans de l'armistice du 11 novembre 1918, pendant la présidence française de l'Union Européenne. J'attends  que  les  commissions  présidées  par  les  professeurs  Jean-Jacques  Becker,  sur  le  90ème anniversaire,  et André Kaspi, sur la modernisation des commémorations publiques, ainsi que bien sûr la  commission  du  Livre  blanc,  aient  rendu  leurs  conclusions pour  redéfinir  cette  politique  de mémoire. La mémoire, ce n'est pas la nostalgie du passé, c'est la préparation de l'avenir. La mémoire, ce n'est pas quelques vieux souvenirs qu'on exhume quelques heures dans l'année. La mémoire, c'est les valeurs qu'on célèbre, qu'on respecte et dont on décrit l'actualité pour les plus jeunes de notre pays.  Ca  vaut  la  peine,  me  semble-t-il,  de  se  donner  un  peu  de  mal  pour  faire  cette  politique  de mémoire mieux adaptée aux évolutions de notre société et plus conforme à la diversité de notre pays, et plus en phase avec les attentes des jeunes générations, une politique de mémoire moderne. Parce que la mémoire, c'est la modernité.

Je souhaite que tous les Français comprennent que cela a un sens, de se réunir en hommage à celles et ceux qui ont consenti au sacrifice suprême pour que la France demeure libre Je  souhaite  enfin  que  le  30ème   anniversaire  de  l'opération  de  KOLWEZI  soit  l'occasion  de  rendre hommage aux militaires français qui, depuis trente ans, participent aux opérations extérieures. Vous savez, un pays qui a des souvenirs, un pays qui a une histoire, et bien cette histoire elle est utile. Pour la respecter, il faut en parler, il ne faut pas en avoir honte, y compris quand c'est Austerlitz. C'était pas dans le discours mais ça me tient très à cœur. Voilà, c'est comme ça, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? J'aime beaucoup les Anglais, mais enfin il n'y a pas de raison qu'ils célèbrent Trafalgar et que nous on ne célèbre pas Austerlitz ! Ecoutez franchement, dire ça, ce n'est offenser absolument personne ! Absolument personne ! Bon écoutez, ça fait plaisir, on est quelques uns à penser ça ! Non mais j'y tiens beaucoup parce que c'est très important l'histoire pour un pays. La mémoire pour un pays. Et nous aurons l'occasion avec le Premier ministre, c'est ce que j'ai appelé une politique de civilisation, tout au long de l'année 2008, de parler du contenu des programmes et de ce que l'on enseigne à l'école. Je suis désolé, c'est un sujet majeur, c'est un sujet politique au sens noble du terme, c'est-à-dire pas un sujet partisan, un sujet politique. Qu'est-ce qu'on veut enseigner à nos enfants ? Qu'est-ce qu'on veut qu'ils retiennent ? Qu'est-ce que l'on attend de l'école ? Ce n'est pas simplement une affaire de spécialiste comme l'on dit. D'ailleurs maintenant, on ne peut plus parler de rien si on n'est pas spécialiste. Comme il y a des spécialistes de tout, on ne sait jamais si on tombe sur le bon numéro. Et ça, ça compte aussi, il faudra que l'on en parle de tout cela. La aussi, je suis désolé mais on a le droit d'avoir des convictions et d'essayer de les faire partager à un pays. Voilà !

Alors Mesdames, Messieurs, je n'oublie pas que vous êtes d'abord faits pour l'action. Vous aurez dans les semaines et les mois qui viennent, de nouveaux chantiers à conduire. Vous avez déjà connu des réformes lourdes, c'est vrai, la plus importante de ces dernières années étant la professionnalisation des armées. Le Chef d'Etat Major, à juste titre, me le rappelle régulièrement et il a raison. Vous les avez toujours menées à leur terme, avec une efficacité et une loyauté exemplaires. Aujourd'hui, c'est l'ensemble de l'Etat qu'il s'agit de moderniser. Mais c'est la tâche que nous nous sommes assignés avec le Premier ministre, là aussi ce n'est pas la peine qu'on se dise c'est difficile ! C'est parce que c'est difficile qu'on est là.

Je forme le vœu que 2008 soit l'année de la mobilisation pour la construction de la défense de demain, sans tabous, sans idées reçues, avec le plus grand réalisme et la plus grande détermination. Au delà de cette ambition collective, je souhaite pour chacun d'entre vous, ainsi que pour vos familles et pour vos proches, de jouir des plus grandes satisfactions professionnelles et personnelles. Je souhaite enfin vous redire toute la considération et le respect que je vous porte, vous assurer de ma confiance, de ma détermination pour que l'armée française reste toujours à la hauteur de vos idéaux et de  l'idéal français.

Et je voudrais vous dire que je suis très fier d'être le Chef des armées, que je sais la qualité du travail que vous engagez les uns et les autres, et je trouve que le choix de la vie que vous avez assumé, à des périodes où la société se posait bien des questions... Vous êtes des gens déterminés qui, quand vous vous levez le matin, savez ce que vous avez à faire, qui le faites avec passion. Et bien écoutez ça fait bien des points communs. En tous cas, c'est suffisant pour que je vous dise mon respect, ma confiance et si vous le permettez, mon amitié. Je vous remercie.


http://www.elysee.fr/documents/index.php?mode=cview&press_id=871&cat_id=7&lang=fr Retrouvez la video en ligne de l'intervention de Nicolas Sarkozy en cliquant sur ce lien



Gregory DUFOUR



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