Une délégation militaire française à la Marche internationale de Nimègue



Une délégation militaire française à la Marche internationale de Nimègue

Épreuve de marche la plus dure au monde d’une distance de 160 kilomètres à parcourir en 4 jours, soit 4 marathons à réaliser en 4 jours, la Marche internationale de Nimègue (Pays-Bas) n’a de cesse au fil des ans d’attirer de plus en plus de participants tant civils que militaires. Aujourd’hui sont ainsi plus de 40 000 marcheurs dont près de 6 000 militaires venant de 20 pays participer à ce défi physique. Parmi eux, une délégation militaire française menée depuis 5 ans avec brio par Jean-Pierre Mezure, Capitaine de la Réserve citoyenne, et par Martine Guéranger, Lieutenant de la réserve citoyenne, tous deux étant détachés auprès du 1er Régiment du Train parachutiste. Leur engagement totalement bénévole, dévoué mais aussi passionné, permet de souligner toute l’importance de la réserve citoyenne au sein du lien Armées-Nation.

Le Capitane Mezure nous livre ci-dessous un beau témoignage de l’édition 2010 de la Marche de Nimègue, une édition où la délégation française s’est encore une fois particulièrement distinguée. 

« 
Voici maintenant 5 ans que l’U.NO.R. (Union Nationale des Officiers de Réserve et des Organisations de Réservistes) m’a confié le commandement du détachement militaire français « UNOR France Défense Nation » qui représente la France au plus grand Marathon de marche du monde à Nimègue aux Pays-Bas. Aujourd’hui, ce détachement fait l’admiration des délégations étrangères  pour son effectif, son enthousiasme, sa discipline, son sens des valeurs militaires. Je me dois de revenir sur ces points.

En 2005, j’exposais mon projet à de nombreux interlocuteurs. Je ne rassemblais que 11 candidats pour former une équipe qui donnerait une image de la France militaire dans une discipline qui est la marche d’endurance. Alors que j’attendais aide, conseils, tout le monde s’accordait à dire que nous n’étions plus un peuple à parcourir 160 km en 4 jours à 6 à l’heure. L’UNOR m’a alors nommé Délégué national aux Marches, convaincue de mon projet. Aujourd’hui après avoir doublé l’effectif d’année en année, nous avons rassemblé 177 Français dont seulement 155 ont pu concourir. L’entraînement est sévère : 400 km sur du goudron… la disponibilité compromise au dernier moment, les OPEX…

Le premier jour a lieu l’inauguration de la marche devant le gouvernement néerlandais dans un stade rempli de 40 000 spectateurs. Digne des Jeux olympiques, le protocole est immuable avec son lâcher de parachutistes, ses représentations chorégraphiques où toute l’imagination nordique prend goût, ses nombreuses fanfares étrangères qui se massent sur la pelouse. Puis, les pays, environ une soixantaine défilent, couleurs nationales en tête d’une délégation. Nous voici, entre la Finlande et la Grande-Bretagne, entrant dans le stade. La vision de nos couleurs tricolores entraîne une innovation massive ; pourtant sur cette terre qui connut la deuxième phase de la bataille d’Arnhem, avec la conquête d’un de ces ponts trop loin, nous étions en droit de voir des acclamations plus soutenues pour nos anciens Alliés.

Sur le parcours formé de quatre boucles de 40 km, 154 Français dont 90 d’active, 62 de réserve et 2 lycéens militaires vont se lancer dans la conquête de cette médaille de Nimègue, enjeu de 400 km d’entrainement. Pour la première fois, aucune goutte de pluie, mais un soleil caniculaire. Les acclamations pour la France, la Marseillaise improvisée par la foule nous font réaliser combien notre France est aimée et cela émeut ! Nos médecins interviennent dans le public frappé par la chaleur au zénith. Nous revivrons à chaque étape les épisodes de « Band of Brothers » ou du « Pont trop loin » avec la traversée du pont, le passage sur cette digue que prit d’assaut la 82ème Airborne, la longue route prise à travers bois par les Canadiens.

Au troisième jour, Km 110, « les traits tirés, les pieds poudreux » comme dit le  chant de marche des parachutistes, nous nous arrêtons au cimetière de Groesbeek. Hommage aux Alliés devant les 3000 tombes. Hommage aussi à nos SAS qui libérèrent le nord des Pays-Bas, à nos aviateurs et à nos commandos tombés à proximité pour la Liberté ! Tout le long du parcours d’immenses attroupements où la fête est omniprésente.

Puis c’est l’arrivée devant les tribunes officielles au milieu de 2 millions de spectateurs rassemblés sur 2 km. Sur les toits, les balcons, dans les arbres, ils acclament les 36 504 marcheurs qui terminent sur les 45000 présents au départ. Sur les 177 inscrits parmi 6 000 militaires de 20 Nations, 146 Français termineront dont 13 personnels féminins qui ne comptent aucun abandon. Violette van der Spek-Chouzenoux, Consule de France représente notre Ministre. Elle sera au premier rang, à côté du Chef d’Etat major des Armées néerlandaises.

Parmi les lauréats, 5 toulousains dont 2 venaient pour la sixième fois. Si les plus anciens étaient de jeunes grands-pères mais de redoutables « raiders », les deux plus jeunes venaient de deux lycées militaires, Lauriane, 20 ans (Autun) et Olivier (17 ans) de St Cyr. Le drapeau de la Ville de Toulouse était du parcours ainsi que celui de la 30ème section des Anciens des FFA.

Sur le long du parcours des personnalités militaires ou civiles, voire politiques marchent dans la foule… et cela nous interroge sur le lien avec la Nation ! Au hasard d’un point de ravitaillement, un vice-amiral nous adresse un compliment dans la fraîcheur du matin : « je suis un bateau au milieu de mon escadre », dira-t-il en Français pour expliquer sa présence, sac à dos, rangers! Méditons sur l’exemplarité de ces  Chefs !

Le détachement « France Défense Nation » obtiendra la médaille décernée aux équipes ayant eu le moins d’abandon. Nous terminons parmi les 20 plus importantes Nations en 5ème position.

Les « leaders » de tête sont toujours l’Armée Suisse  et les Canadiens mais, pour la première fois, nous avons pris une place à la Bundeswehr et talonnons la Garde Royale Norvégienne. »

Capitaine (rc) Jean Pierre Mezure et Lieutenant (rc) Martine Guéranger réservistes citoyens détachés au 1 er RTP et  responsables du détachement depuis 2006




Jean-Pierre Mezure



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