Tableaux de la Grande Guerre



Tableaux de la Grande Guerre

Le Souvenir Français de Metz, l’Office National des Anciens Combattants de la Moselle, le Lycée De La Salle et la Renaissance du Vieux Metz et des Pays Lorrains avaient organisé le samedi 6 février dernier un colloque ayant pour thème « Tableaux de la Grande Guerre en Moselle ».

Cette rencontre a permis, devant près de 200 invités, de mettre en exergue toute une série de facettes de la première guerre mondiale en Moselle, territoire qui avait été annexé par l’Empire allemand lors de la défaite de la France en 1871. Cela n’a pas été sans difficultés pour ses habitants en 1918. Imaginez une population française en 1870, devenue allemande, devenue pour une grande partie d’entre elle, germanophone, qui a vu l’arrivée également de nombreux allemands venus germanisés la Moselle. Cette population qui, après 1918, redevenait française !

Combien d’Alsaco-Mosellans ont dû combattre dans l’armée allemande ? Finalement peu au regard du nombre de combattants allemands engagés dans la guerre car les Allemands se méfiaient énormément de ces combattants alsaco-mosellans, rattachés de force à l’Allemagne en 1871. Mais le calvaire de ces combattants alsaco-mosellans ne prit pas fin, comme on pouvait le croire au lendemain de la guerre. N’ayant jamais été considérés par les Allemands que de « véritables » Allemands, et n’ayant pas été franchement considérés comme des Français en 1918, les Alsaco-Mosellans eurent de nombreuses difficultés à rendre hommage à leurs compagnons tombés durant la première guerre mondiale. Face aux difficultés rencontrées, certains anciens combattants d’Alsace-Moselle, ayant combattu soit côté allemand, soit du côté français, (André Belard et Henri Pincemaille) créèrent une association « les Malgré-Nous » (Musspreusse) le 21 mai 1920, association qui redeviendra sur le devant de la scène au lendemain de la seconde guerre mondiale pour tous les Alsaco-Mosellans enrôlés de force au sein de la Wehrmacht.

Encore aujourd’hui, cette période d’histoire pose quelques difficultés dans la promotion de la mémoire combattante française. Un exemple parmi d’autres : l’Office national des Anciens combattants (ONACVG) organise depuis 2006
le concours national des petits artistes de la mémoire dont le but est de permettre à des élèves de CM1/CM2 de s’approprier l’histoire de la Première Guerre mondiale à travers celle d’un Poilu originaire de leur commune pendant une année scolaire. Il est ainsi proposé aux enfants de raconter le parcours de cet homme pendant la guerre, à la manière du carnet que l’artiste et soldat Renefer a écrit et dessiné pour sa fille surnommée « Belle Petite Monde ». Ce carnet, mêlant textes, poèmes et dessins doit rassembler le travail d’enquête de toute la classe sur « son » Poilu. Les jeunes participants peuvent ainsi choisir leur Poilu à partir de la découverte des noms portés sur le monument aux Morts communal ou, tout simplement, dans la famille de l’un d’eux…

Or en Alsace-Moselle, il n’y avait pas de Poilus. L'ONAC a dû modifier son concours en Moselle, en acceptant que les écoliers mosellans puissent travailler sur le parcours d’un soldat allemand. Tout un symbole ! La mémoire partagée franco-allemande a vraiment une réalité dans l’Est. Une mémoire qu'il convient d'entretenir aujourd'hui encore plus qu'hier !

Le colloque a vu les interventions de François Roth, Professeur émérite de l’Université Nancy 2 sur le thème  « La guerre 14-18 vue par la population civile mosellane »,  du Général Jean-Claude Laparra, Docteur en histoire sur le thème « La Croix Rouge comme instrument de guerre totale : l’exemple de Metz », de Jean-Paul Paradeis, Professeur d’histoire à Thionville sur le thème « Une région à l’arrière du front pendant la Grande Guerre : Thionville et Cattenom »   et enfin de Régis Latouche, Directeur de l’Institut du cinéma à Nancy sur le thème sur « l’entrée des troupes françaises à Metz  en 1918 » (Diaporama).








1.Posté par pierrot le 18/03/2010 13:48
la mémoire combattante risque sans doute de devenir de plus en plus marginale dans les années à venir surtout avec les disparitions des "anciens" de 39-45 et d'Indochine. Heureusement qu'il y a ce genre de manifestations pour nous permettre de nous réapproprier notre mémoire !

2.Posté par Fabien D le 18/03/2010 17:24
Le 11 novembre dernier le Président de la République et la Chancelière allemande étaient ensemble pour raviver la flamme du soldats inconnu. C'était fort aussi pour se souvenir de ce qu'a été la 1ère guerre mondiale. C'est comme cela que l'on pourra ne pas oublier, ensemble.

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Conditions d'utilisation : reportez-vous à la page : "Conditions générales d'utilisation du site et des services d'i-defense.org" dans la rubrique "A propos".

Défense | Parlement | Cercle Esprits de Défense | Mémoires | Tourisme de mémoire | Jeunesse | Lorraine | Relations franco-allemandes | Réserve citoyenne | Tribunes | Bons plans | A propos d'I-Defense















Mon oeil ! sur les relations franco-allemandes

Le 11 novembre en France et en Allemagne : entre commémoration et carnaval

Le 11 novembre reste une journée particulière pour les Français et les Allemands. Si les premiers commémorent l'Armistice du 11 novembre et les Morts pour la France, les Allemands, eux, ouvrent à 11h11 la période des carnavals. Ma Chronique...

Le 9 novembre, une journée allemande et franco-allemande

Cette Chronique France-Allemagne de Radio Jerico est consacrée à la journée du 9 novembre qui ne vit pas que la Chute du Mur de Berlin, la tentative de putsch d'Adolf Hitler en 1923, ou de la Nuit de Cristal en 1938. La journée du 9 novembre fut...

Pour une Grande Europe de l'Atlantique à l'Oural

J’ai le plaisir de vous informer de la publication de mon article « pour une Grande Europe de l'Atlantique à l'Oural » dans le magazine « Sans frontières » de l'Institut franco-russe de Donetsk et du département français des...

20 juillet 1944, l’opération « Walkyrie », une histoire méconnue de la résistance à Hitler

En ce 20 juillet, l'Allemagne commémore les résistants au IIIème Reich. Ceux de l'opération Walkyrie, c'est-à-dire ceux de la conjuration de l’attentat du 20 juillet 1944 contre Hitler. Après l'échec de plusieurs tentatives de soulèvement en 1943...