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La Russie, un danger potentiel à l’Est et pour la France qui justifie une importante présence militaire en Lorraine et en Alsace



La Russie, un danger potentiel à l’Est et pour la France qui justifie une importante présence militaire en Lorraine et en Alsace

Le Premier Ministre François FILLON, lors de son intervention(1) à l'occasion de la conférence de presse sur la modernisation de la Défense, affirmait qu'il n'y a aucun Etat qui nous menace en tant que tel, il n'y a plus de menace d'invasion sur notre territoire, le continent européen est devenu,(…), la zone la plus stable, la plus sûre du monde

Si par continent européen, il inclut la Russie, il y a tout lieu de s'inquiéter. 

Les événements récents qui a vu l'incursion rapide et en masse de l'armée russe en Géorgie dans ses provinces d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud sont fort inquiétants pour l'Europe dans le sens où ils prouvent encore une fois la totale incapacité de l'Union européenne à agir en tant que puissance militaire. 

Bien que la guerre froide soit terminée, la Russie n'en est pas moins dangereuse, la sous-estimée serait sans doute une erreur de la part de notre pays. Les Etats-Unis l'ont bien compris. Ils ont décidé en accord avec la Pologne et la République tchèque (sans passer par la Présidence de l'Union européenne et des conseils des ministres prouvant une nouvelle fois la faiblesse de l'UE) de mettre en place sur les territoires de ces deux pays un bouclier anti-missile dirigé vers la Russie (même si dans la version officielle, ces boucliers sont destinés à stopper toute initiative balistique longue portée provenant de Corée du Nord et d'Iran). 

Un accord a ainsi été signé le 14 août 2008 entre les Etats-Unis et la Pologne provoquant des menaces du côté russe. Le Chef d'Etat-Major d'adjoint de l'Armée russe, le Général Anatoli Nogovitsine, n'hésitant pas à déclarer que cet accord ne peut pas rester impuni et que la Pologne s'expose elle-même à une frappe (2). Une dépêche de l'Agence Reuter citée L'Express (3) rapportant également que ce même Général déclarait en outre que la doctrine militaire de son pays rendait théoriquement possible une attaque nucléaire après l'acceptation par Varsovie du déploiement de ces intercepteurs sur son territoire. 

Intimidations verbales ? Menaces réelles ? Quoi qu'il en soit, tout cela ne peut pas être pris à la légère. Les risques existent réellement aux portes de l'Union européenne et au sein du continent européen.

Car l'Union européenne possède tout de même 2 500 km de frontières avec la Russie(4). Souvenons-nous de ce qui se passe en Géorgie. Et si demain la Russie attaquait la Finlande et l'Allemagne parce que ces pays ne souhaiteraient plus du gaz russe ?

N'oublions pas qu'une partie de la Russie est d'ailleurs prise en étau par l'Union européenne : Kaliningrad (ancienne Königsberg). Cet oblast (région administrative russe) posséderait toujours sur son sol environ 200 000 soldats (soit presque l'équivalent du format total des forces armées de la Pologne voisine), une base navale comptant 25 bâtiments de surface, une base d'infanterie de marine, cinq garnisons aéronavales, 800 chars de combat et un millier de véhicules blindés et d'énormes capacités de construction navale qui en font actuellement encore le ''pendant'' occidental de Vladivostok. N'oublions pas non plus qu'il y a 40 ans l'Armée rouge déferlait sur Prague.

La Russie n'est pas l'ennemie de la France ou de l'Union européenne. Néanmoins en terme de relations internationales et de projection dans l'avenir, l'angélisme n'a jamais eu sa place, ni sur le court, le moyen ou le long terme. Souvenons-nous de nos faiblesses de 1914 et de 1940, de nos certitudes de l'époque et des certitudes d'aujourd'hui de nos dirigeants. La faiblesse de l'Union européenne en diplomatie et en doctrine militaire ne peut en aucun cas permettre la France de faire l'impasse sur une présence militaire à l'Est de la France, comme 2ème rideau défensif de l'Europe, comme Défense de notre territoire. Car rien ne nous dit, si en cas d'invasion, l'OTAN et donc les Américains interviendront. D'ailleurs n'est-ce pas les Etats-Unis, les Polonais, et les Tchèques, nos alliés soit disant, qui, en mettant en place des boucliers anti-missiles sur le sol de l'Union européenne et sans nous concerter, prennent le risque d'attiser des tensions avec Moscou ?

Ces 800 chars russes notamment de Kaliningrad située à 1300 km de Metz et de Strasbourg  (625 de Berlin et 315 de Varsovie) et l'attitude russe en Géorgie cumulée à la mise en place de boucliers anti-missiles impliquent une priorité essentielle pour notre Défense : le maintien d'une importante force militaire dans l'Est de la France et tout particulièrement en Lorraine. La réduire comme le souhaite le Premier Ministre, au profit d'une très hypothétique création d'une véritable Europe de la Défense (l'attitude la Pologne et la République tchèque en témoigne),  serait une erreur, un luxe que nous ne pourrions nous permettre. N'est-ce pas Sun Tzu, dans son Art de la Guerre, qui affirmait que celui qui excelle à résoudre les difficultés les résout avant qu'elles ne surgissent, celui qui excelle à vaincre ses ennemis triomphe avant que les menaces de ceux-ci ne se concrétisent ? La lutte contre le terrorisme en Afghanistan est une chose qui ne doit en aucun cas détourner nos yeux d'autres dangers, à nos portes, dans un monde incertain et plus instable.

GD

(1) 24 juillet 2008
(2) In
http://www.lefigaro.fr/international/2008/08/16/01003-20080816ARTFIG00041-bouclierantimissile-moscou-promet-des-represailles-.php
(3) In http://www.lexpress.fr/actualite/depeches/infojour/reuters.asp?id=77306
(4) Finlande, Pologne, Lituanie, Estonie, Lettonie





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