Il y a 10 ans les Forces françaises stationnées en Allemagne quittaient Trêves
Alain Giletta en décembre 1970 à Trêves lors de son service militaire
Le 10 mai 1999 avait lieu à Trèves dans les jardins du Palais des Princes Electeurs, la cérémonie d’adieu des deux derniers éléments stationnés dans le cadre des FFSA, le 61ème Régiment d’Artillerie et le 13ème Régiment du Génie, avec la présence du Colonel Jacques Defretin, dernier commandant français de la Place de Trèves. Cet évènement mettait un terme à 50 années de présence française dans cette ville. Par le passé, Trèves avait déjà vu des soldats français dans ses murs. Le 9 août 1794, l’Armée de la Moselle entre dans cette ville, faisant connaître aux Trévirois la Révolution française avec les phases du Directoire, du Consulat et de l’Empire. Ces troupes quitteront la ville en 1814, Trèves étant rattachée à partir de 1815 à la Province Rhénane Prussienne. Ce sera ensuite le 10 Août 1919, où la 38ème Division débarque à Trèves, afin d’y relever les Américains, dans le cadre de l’occupation de la Rhénanie consécutive au Traité de Versailles. La ville passe aux ordres du commandement français le 21. Les troupes françaises resteront stationnées jusqu’au 10 juin 1930. Le 27 juin, le Général Guillaumat, commandant de l’Armée du Rhin, quitte Trèves et le lendemain le drapeau français est retiré du bureau de commandement de la Sichelstrasse.
Vue aérienne du Quartier Casablanca - collection Alexandre Wattin
Après la tourmente de la deuxième guerre mondiale, Trèves est à nouveau occupée par les Français à partir du 11 juillet 1945. Ce sont les éléments du 2ème Corps d’Armée qui ont relevé les troupes américaines et qui occupent la zone nord. Le 24 juillet 1945, la Première Armée est dissoute. Son chef, le Général de Lattre de Tassigny fait ses adieux le 2 août 1945 à Trèves à la Première Division Blindée, appelée à rentrer en France et à y être dissoute. Elle est remplacée successivement par la 3ème Division Blindée puis jusqu’au 31 août 1951 par la 3ème Division d’Infanterie Algérienne. A cette date, la 1ère Division Blindée qui a été reconstituée à Tours, fait mouvement sur l’Allemagne et s’installe dans la région de Trèves, où elle tient son état-major au Quartier Castelforte. Au fur et à mesure de la normalisation des relations franco-allemandes, les Troupes d’Occupation en Allemagne (TOA) de 1945 à 1951, deviennent Forces Françaises en Allemagne (FFA) jusqu’en 1993, puis Forces Françaises Stationnées en Allemagne (FFSA) jusqu’en 1999 date à laquelle elles deviennent Forces Françaises et Eléments Civils Stationnés en Allemagne (FFECSA). Deuxième plus importante garnison après Paris, Trèves comptait au 1er novembre 1987 13 169 militaires pour environ 100 000 habitants. Il ne faut pas oublier que dans le sillage des militaires, il y avait aussi les civils, avec d’abord les familles (en 1997, il y avait à Trèves 509 conjoints et 1 387 enfants). Trèves, c’était aussi 5 cités cadres, 4 économats, 1 lycée, 3 écoles primaires. Le Consulat de France dont la présence est signalée dès 1919, sera fermé en 1992 pour être remplacé par la suite par celui de Francfort.
Le Quartier Casablanca est aujourd'hui devenu un centre administratif de la ville de Trêves
En 1990, après la chute du Mur de Berlin, les premières rumeurs de dissolution apparaissent, confirmées par une première réorganisation de 1991 à 1994 puis par une seconde de 1996 à 1999. Les FFSA ne comptèrent plus que 25 000 hommes ; en 2006, avec la suspension du service militaire, il n’y aura plus que 5 000 soldats français faisant partie des FFECSA en Allemagne. L’état-major de la 1ère DB sera transféré à Baden-Baden et fusionnera avec l’état major des FFSA. Il ne reste aujourd’hui que quelques 3 400 militaires français en Allemagne : la contribution française à la Brigade franco-allemande dans le sud du pays et le 16ème Bataillon de Chasseurs à Saarburg, seul régiment en garnison en Rhénanie Palatinat devant rejoindre la métropole (Bitche en Moselle) dans un avenir proche. Aujourd’hui, le touriste français qui visite Trèves, ne peut pas imaginer, s’il n’y a pas été militaire ou à leur suite, à un moment ou à un autre, qu’il y a eu une telle présence française. Peu ou plus de traces ; la reconversion du patrimoine immobilier restitué après notre départ, est une parfaite réussite résultant d’une volonté de développement urbain de la part de la ville. La réconciliation franco-allemande est exemplaire. Du statut d’occupants, les Français à Trèves ont su devenir des amis des Trévirois. Alain Giletta Secrétaire national et Responsable pour le Vaucluse du Cercle national des Anciens Militaires Français stationnés en Allemagne
Actu Défense
|
Assemblée nationale
|
Bons plans
|
Cercle Esprits de Défense
|
Jeunesse et Défense
|
Lorraine et Défense
|
Mémoires
|
Relations franco-allemandes
|
Réserve citoyenne
|
Tribunes
|
A propos d'I-Defense
|
-
Le 11 novembre dernier le Président de la République et la Chancelière allemande étaient ensemble pour raviver la flamme du soldats inconnu. C'étai...
Fabien D
-
Les journalistes ne font pas toujours bonne presse :) à la Défense et aux soldats. Internet permet de gommer cela. Merci à i-defense. C'est un...
Franck
-
la mémoire combattante risque sans doute de devenir de plus en plus marginale dans les années à venir surtout avec les disparitions des "anciens" d...
pierrot
-
la France et l'Allemagne doivent montrer encore et toujours l'exemple ! Que serait l'Europe sans ce moteur ? Vive l'amitié franco-allemande !
B.H
|
|