La semaine dernière, trois soldats allemands sont tombés en Afghanistan vendredi 2 avril suite à une embuscade près de Kunduz. L'Adjudant-Chef Niels Bruhns (35 ans), le Caporal-Chef Martin Augustiniak (28 ans) et le Caporal Patric Sauer (25 ans) faisaient tous les trois partie du Bataillon de chasseurs parachutistes 373 de la Brigade aéroportée 31 (Luftlandebrigade 31) stationnée à Oldenburg et à Seedorf (Basse-Saxe). 4 autres soldats très grièvement blessés ont été rapatriés en Allemagne à l’hôpital militaire de Coblence (Rhénanie-Palatinat). L’Allemagne aura perdu, avec ces trois nouveaux décès, 38 soldats en opérations en Afghanistan depuis 2002.
Suite à cet événement, le jeune ministre fédéral de la Défense, Karl-Theodor zu Guttenberg (qui avait démis de ses fonctions lors de son arrivée au ministère de la Défense l’ancien Chef d’Etat-Major des Armées et l’un de ses secrétaires d’Etat suite à une erreur de tir de la Bundeswehr qui avait vu la mort de plusieurs civils afghans en septembre 2009), a annoncé que les violents accrochages survenus à Kunduz feraient l’objet d’une enquête approfondie. "Il faut se garder d’émettre des jugements à l’emporte-pièce sur d’éventuelles lacunes", a déclaré le ministre de la Défense le week-end dernier, ajoutant que les talibans à l’origine de l’embuscade tendue à des soldats allemands près de Kunduz avaient opéré avec un grand sens tactique.
Le Ministre zu Guttenberg a également souligné que l’engagement allemand se poursuivrait malgré les pertes subies. "Nous restons en Afghanistan" a-t-il affirmé, précisant que la mission allemande était "dangereuse" et qu’il fallait s’attendre à ce qu’il y ait d’autres victimes à l’avenir.
Il a rappelé que le mandat allemand visait à améliorer la sécurité dans la région et à éviter une déstabilisation qui aurait des conséquences locales mais affecterait aussi d’autres régions du monde. À ses yeux, une perspective de retrait est nécessaire mais ne signifie pas pour autant qu’il faut quitter le pays à la hâte.
Dimanche matin, les soldats de l’équipe de reconstruction provinciale de Kunduz ont fait leurs adieux dimanche 4 avril à leurs camarades tombés au combat. Le ministre fédéral du Développement, Dirk Niebel, qui se trouvait en Afghanistan pour une série d’entretiens, a assisté aux funérailles.
L’Allemagne et la France, qui sont toutes les deux présentes en Afghanistan et notamment à travers la Brigade franco-allemande commandée par le Général Philippe Chalmel, ont déjà perdu depuis le début de l’année une dizaine de soldats. Reste à savoir si ce lourd tribut permettra de rendre un jour au peuple afghan sa liberté face à l’obscurantisme taliban. Le projet évoqué en début d’année par le gouvernement fédéral allemand de faire passer la présence militaire de 4 500 à 5 000 soldats a en tout cas suscité Outre-Rhin une vive réaction. Nul doute que l’attitude des opinions publiques européennes face à l’envoi de soldats européens sera assurément déterminante.
Article publié comportant des sources du CIDAL de l’Ambassade de la République fédérale d’Allemagne