De Bitche à Metz, même combat pour les préparations militaires santé



La compagnie de préparation militaire aux ordres du Lieutenant Philippe Hansch lors du défilé du 24 juillet 2009
La compagnie de préparation militaire aux ordres du Lieutenant Philippe Hansch lors du défilé du 24 juillet 2009

Annoncé durant l’été 2008, dans le cadre du plan de modernisation des armées, la fermeture du Camp de Bitche a pris de court le Service de Santé des Armées, habitué à y organiser chaque été ses préparations militaires. Ainsi plus de 700 étudiants en soins infirmiers ou étudiants médecins issus du quart nord est de la France y découvraient chaque année les rudiments de la vie militaire, et surtout la médecine et le sauvetage au combat.

Pour honorer ses engagements pris avec les Facultés de Médecine et les Instituts de Formation des Soins Infirmiers lorrains (IFSI), la Direction Régionale du Service de Santé des Armées a organisé en juillet sur Metz deux préparations militaires de spécialité santé. Pour le Médecin en Chef Kazmersiak, il était impensable d’abandonner ce module extrêmement formateur qui contribue fortement au recrutement des futurs cadres d’active et de réserve du Service de Santé des Armées, ces mêmes cadres qui sont indispensables sur le terrain pour soigner les militaires français ou les populations locales victimes des conflits, mais aussi et surtout à la création du lien Armées-Nation.

Des médecins regroupés…

Ainsi, du 27 juin au 8 juillet, ce sont d’abord les étudiants en médecine des Facultés de Nancy et de Dijon qui ont été accueillis au CISAT (Centre d’Instruction Santé de l’Armée de Terre) et au 1er régiment médical de Châtel-Saint-Germain. Tous ont validé leur option de médecine militaire au cours d’un rallye organisé en fin de stage, avec une moyenne générale de 14,24/20. Présents pour la remise des brevets lors du défilé de clôture de cette préparation militaire, le Professeur Crance (MED GAL r) de la Faculté de Médecine de Nancy et le Médecin Général Le Gallou ont tenus à mettre à l’honneur les trois majors de promotion : Thibaut Noel (1er), Fabien Mignerot (2ème) et Elodie Schwartz (3ème).  

… avant les infirmières

Dès le 9 juillet, une seconde préparation militaire santé est organisée à destination des étudiantes en soins infirmiers. La participation de 7 IFSI différents (Nancy Laxou, Nancy Lionnois, Briey, Jury lesMetz, Metz Bonsecours, Thionville, Verdun,) témoigne du très fort intérêt des stagiaires pour cette formation unique qui leur permet d’aborder un module santé extrêmement riche et dense. En 14 jours sont abordés le brancardage et les soins aux blessés sur le terrain, le traitement des détresses vitales, la chirurgie de guerre ainsi que le traitement lié aux risques NRBC (Nucléaire Radiologique Bactériologique Chimique), mais aussi toute l’instruction militaire de base. Pas de répit pour ces jeunes étudiants(es) qui peuvent ainsi valider un des modules de la formation préparant au Diplôme d’Etat d’Infirmier.

Pour la 1ère fois, cette préparation militaire a aussi servi de support d’accueil de 8 infirmières déjà diplômées d’Etat, qui valident ainsi leur spécialité d’Infirmières de Bloc Opératoire Diplômées D’Etat  (IBODE), initiée au CHU de Nancy.

Satisfaction et questions…

A l’heure du bilan de ces préparations militaires santé, quelques regrets apparaissent. Restrictions budgétaires et restructuration des Armées ont contraint les organisateurs à restreindre le format de ces préparations militaires, et à ne pas accepter tous les (nombreux) étudiants volontaires pour y participer. L’osmose entre médicaux et paramédicaux, qui se pratiquait à Bitche, n’a pas pu être reconduite cette année. La séparation des médecins et des infirmières ne concoure pas au renforcement du socle commun de ces cadres amenés à travailler de concert sur le terrain. Ce bilan sera certainement examiné à la loupe afin de repenser les futurs dispositifs qui devront en outre prendre en considération l’intégration des formations paramédicales au sein des cursus européens LMD (Licence Master Doctorat), mais également les besoins de recrutement du Service de Santé des Armées.

Christelle, étudiante à l’IFSI de Nancy ne regrette pas son sacrifice de 15 jours de vacances : « Avec l’ensemble des moyens mis à notre disposition, nous avons la sensation d’être privilégiés, seuls les meilleurs étudiants de mon IFSI ont été acceptés. C’est aussi la 1ère fois que le 14 juillet prend un sens aussi solennel, car je l’ai vécu habillée en treillis militaire, et je comprends mieux la nécessité d’une armée française puissante. Même si la fatigue commence à se faire sentir, je ne regrette vraiment pas ce choix qui m’a permis de renforcer fortement mes connaissances pratiques. Pour Fabien, second de la promotion des étudiants médecins, « Cette préparation m’a fait découvrir une autre façon d’aborder la médecine, et une communauté – l’armée –
très soudée. Après cette expérience, je songe sérieusement à modifier mon plan de carrière. »

Ces impressions qui reflètent le sentiment général des stagiaires, conduira Madame Danan, Directrice de l’IFSI de Laxou et coordonatrice de ces préparations militaires, à proposer des évolutions destinées à pérenniser ce dispositif très populaire parmi les étudiants médicaux et paramédicaux.

Pour le Commandant Keller (ESR) réserviste originaire du Lunévillois,
« l’implication forte de l’encadrement réserviste (1er Régiment médical, Service de Santé des Armées, 516e régiment du train à Toul, 13e RDP de Dieuze) offre un cadre très adapté à ces préparations militaires (…) Leur savoir-faire et leur disponibilité estivale sont des atouts précieux pour inscrire dans la pérennité ces  préparations militaires et répondre aux contraintes de la professionnalisation de l’Armée. »

Pour le Lieutenant Hansch (ESR et ancien auditeur de l’Institut des Hautes Etudes de Défense nationale), « 
ces préparations militaires représentent une formidable occasion pour les Armées et les Régiments de soutien de présenter et valoriser leur savoir-faire. L’ensemble des réservistes mobilisés prouve à chaque édition sa capacité à prendre le relais des militaires d’active qui se concentrent sur les théâtres d’opérations extérieures. La visite pédagogique des sites mémoriels de Verdun par les stagiaires a fortement contribué à renforcer le lien Armées-Nation en leur faisant découvrir notre histoire avec un œil nouveau. »

Rendez-vous en 2010 pour vérifier que le rouleau compresseur de la restructuration des armées aura su préserver ces préparations militaires à vocation santé.



Gregory DUFOUR



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