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Coût de l’intervention militaire française en Libye : le ministère de la Défense curieusement sans réponse
Depuis le 19 mars dernier, et conformément à la directive n°1973 du conseil de sécurité des Nations Unies, la France participe à la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus du territoire libyen, afin de protéger les populations civiles. Pour ce faire, la France a mis en œuvre d’importants moyens militaires. Or, depuis le début des opérations, aucun chiffre officiel relatif au coût de l’intervention militaire française n’a été rendu public.
Le député lorrain, Hervé Féron a ainsi posé une question (question n°103470) au ministère de la Défense et des Anciens Combattants le 29 mars soit dix jours après le début des opérations militaires. Cette intervention militaire a, selon le député, « un coût qui n'est pas négligeable à l'heure où nos finances publiques sont au plus mal et lorsque l'on demande à nos concitoyens de faire des efforts pour rééquilibrer les comptes publics. » Dans sa réponse publiée le 31 mai (publiée au journal officiel le 31 mai 2011 – page 5797), soit deux mois après le début des opérations militaires, le ministère a affirmé que « conformément aux termes de la loi n° 2009-928 du 29 juillet 2009 relative à la programmation militaire pour les années 2009 à 2014 et portant diverses dispositions concernant la défense, les éventuels surcoûts non couverts par cette provision sont financés par prélèvement sur la réserve de précaution interministérielle, prévue par la loi organique n° 2001-692 du 1er août 2001 relative aux lois de finances. » Le ministère serait actuellement en train de recueillir « les éléments qui permettront de procéder aux premières évaluations du coût de l'intervention française en Libye. » Selon lui, « aucune donnée chiffrée globale significative ne peut en conséquence être communiquée à ce jour. » Le fait que le ministère ne donne même pas un ordre de grandeur reste très surprenant et très inquiétant sur la façon dont sont gérés les crédits en son sein. Pour résumer, la Défense est engagée sur des théâtres d'opérations avant même d'en connaître les coûts ou de savoir si elle sera en mesure de les payer sur ces crédits. Or, alors que le Député Hervé Féron ne recevait officiellement aucun élément fiable, le porte-parole adjoint de la Défense, le Général Pontiès indiquait curieusement à un journal français, le Parisien dans son édition du 20 juin dernier que « le coût journalier de l’opération Harmattan est estimé à un peu plus d’un million d’euros par jour. » Ce ne sont là encore que des estimations. Ainsi un représentant du Peuple français ne reçoit pas d’informations fiables mais la presse si. Curieuse stratégie de communication de la Défense ! Ainsi, depuis début mars, le ministère de la Défense aurait dépensé plus de 87 millions d’euros. Et dire que l’intervention en Libye est loin d’être achevée. Au vu de cette somme faramineuse pour des résultats pour le moins médiocres sur le terrain, pas étonnant, que le ministère de la Défense et des Anciens Combattants souhaite rester discret sur ce sujet, y compris dans sa réponse aux représentants de la Nation, membres de l’opposition de surcroît. Espérons simplement que nos parlementaires poseront la même question que leur collègue député, Hervé Féron, en y incluant cette fois le coût de l’ensemble des opérations militaires menées par la France (Afghanistan notamment) afin que la Nation ait enfin une réponse précise à cette question d’importance à la veille d’élections majeures en 2012. On se prêterait du même coup à rêver d’un vrai débat parlementaire suivi d’un vote consacré à la fois au coût des opérations en Libye, à la poursuite de la présence française en Libye et sur celle menée en Afghanistan depuis dix ans. On comprend en tout cas mieux la réponse du ministère de la Défense et des Anciens Combattants à la lecture de la citation du chansonnier français Réné Dorin qui disait : « La parole est d'argent et le silence est d'or, ce qui veut dire qu'il coûte plus cher. » Et vu le prix de l’once d’or sur les marchés actuellement… Gregory Dufour
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