Le Souvenir Français de Metz, l’Office National des Anciens Combattants de la Moselle, le Lycée De La Salle et la Renaissance du Vieux Metz et des Pays Lorrains organisent le samedi 6 février 2010 une conférence sur le thème « Tableaux de la Grande Guerre en Moselle ».
Cette conférence sera déroulera au Lycée De La Salle – Amphithéâtre BTS, 2 Rue Saint-Maximin – 57070 METZ de 9h00 à 13h00
Programme
9 h 00 - Ouverture et présentation des intervenants
9 h 30 - « La guerre 14-18 vue par la population civile mosellane » par François ROTH, Professeur émérite de l’Université Nancy 2
10 h 20 - « La Croix Rouge comme instrument de guerre totale : l’exemple de Metz » par le Général Jean-Claude LAPARRA, Docteur en histoire
11 h 00 - « Une région à l’arrière du front pendant la Grande Guerre : Thionville et Cattenom » par Jean-Paul PARADEIS, Professeur d’histoire à Thionville
11 h 50 - Diaporama sur « l’entrée des troupes françaises à Metz en 1918 » par Régis LATOUCHE, Directeur de l’Institut du cinéma à Nancy
12 h 30 - Questions et conclusions.
Le contexte historique
L’attentat de Sarajevo, le 28 juin 1914, est considéré comme l’élément déclencheur du grand conflit de la guerre 1914-1918. Un nationaliste serbe Gavrilo Princip, membre du groupe « Jeune Bosnie », assassine l’archiduc François Ferdinand, héritier de l’empire austro-hongrois, et son épouse la princesse de Hohenberg, alors que leur accession au trône semblait imminente.
En lui-même, cet évènement n’aurait pas dû provoquer l’embrasement de l’Europe mais une réaction en chaîne d’alliances provoque le désastre. L’Autriche-Hongrie accuse la Serbie d’avoir favorisé l’assassinat et lui déclare la guerre. La Russie, alliée de la Serbie, la soutient et entre dans le conflit. La France, elle-même alliée de la Russie, se range également contre l’Autriche-Hongrie alors que, dans le camp adverse, l’Allemagne soutient l’Autriche-Hongrie et déclare la guerre à la Russie (1er août) puis à la France (3 août). Dans cette lamentable dynamique, l’Allemagne envahit le Luxembourg et la Belgique qui sont des pays neutres ; de ce fait, l’Angleterre déclare les hostilités à l’Allemagne le 4 août.
Les habitants de la Lorraine allemande sont rapidement mis au pas. Le 31 juillet, Guillaume II, à Berlin, décrète l’ « état de danger de guerre ». Toutes les cloches sonnent à travers le Reich pour annoncer la mobilisation. Le gouverneur de Metz, le général Ernst von Oven, ordonne la suspension des libertés. Le téléphone est coupé pour les particuliers, la frontière fermée et le secret des lettres suspendu, les journaux de langue française interdits. Un seul organe de presse est autorisé : la Gazette de Lorraine. Elle est sous le contrôle d’un fonctionnaire, le baron von Bibra, censeur militaire. Les journaux en langue allemande autorisés sont : pour Metz le Metzer Zeitung, le Lothringer Zeitung et pour Thionville le Didenhofener Zeitung et le Lothringer Nachrichten. Le Landsturm est convoqué. Il s’agit des officiers, médecins, vétérinaires, employés militaires supérieurs, sous-officiers et soldats ayant servi dans l’armée active, qui n’ont pas dépassé l’âge de 45 ans. Les Allemands procèdent à de nombreuses arrestations des membres du Souvenir Français, de la Lorraine Sportive, d’anciens combattants français, de parents d’officiers, de journalistes et de prêtres. Ils sont incarcérés à la prison du Cambout puis transférés à la forteresse d’Ehrenbreitstein, près de Coblence.
Les premières escarmouches en Lorraine annexée ont lieu de part et d’autre de la Seille. Le premier combat a lieu le 11 août dans le village de Lagarde, occupé par les Français la veille et repris par les Allemands dès le lendemain. La bataille de Morhange, le 20 août, se solde également par un échec. Sarrebourg est prise le 18 août par les troupes françaises, pour être plus tard reprise par les Allemands. Après l’échec de Morhange, les troupes se replient vers le Grand Couronné à l’est de Nancy. A Metz, le maire, pro germanique, fait sonner la Mutte pour annoncer la grande victoire des troupes du Kronprinz de Bavière près de Dieuze. La joie des uns contraste avec la mine défaite des autres (Moselle 1918, Le retour à la France - Pierre Brasme).